
Algerique ta viande, dans le quartier Draria
No man’s land complet, Alger en friche. Une grande route et puis, au bout, la rue de la fête à la grillade. Bienvenue dans le quartier Draria. Que des spécialistes du barbecue dans des restaurants éclairés au néon. On choisit le Dubaï International. Mamen prend douze brochettes au foie d’agneau et sept brochettes de ries, Fayçal en rajoute six de viande, je me prends au jeu et j’annonce 5 de cœur… J’ai failli prendre de la cervelle mais non, je reviendrai. La mayonnaise arrive. Les aubergines grillées mixées à l’ail et à l’huile d’olive. Le pain tout chaud, tout moelleux en même temps . Faut tremper. Le pain dans l’aubergine, les frites croustillantes et vraies dans la mayo. Ribambelle de brochettes délicieuses. A Marseille je ferai les mêmes sur ma terrasse avec mon Weber : du foie, du gras d’agneau et du cumin. Facile ! Boisson conseillée : la Hamoud blanche, la limonade qui va le mieux avec le foie d’agneau.
Dubaï international – Quartier Draria – Service tard, jusqu’à 23h.
Botanique ton "teï", avenue Souidani Boudjemâa
L’ancien Hôtel Saint Georges. Petit palace mauresque doré à l’or fin. Je suis le conseil de mes amis algérois. J’attends le soleil brûlant de midi et je demande un "teï" à la menthe. J’enlève mes chaussures. Je marche dans le jardin botanique. Jusqu’au banc en pierre. Plus un seul bruit. Je kiffe la sieste à 126 € euros la nuit dans l’hôtel le plus charmeur de la ville.
Hôtel El-Djazaïr – 24, avenue Souidani Boudjemâa / 00 21 23 09 33 / 00 213 21 23 09 33 / Une chambre single standard : 10.000 dinars (126 €).
Panoramique ta limonade, boulevard Frantz-Fanon
Tout en haut de la ville, un grand hôtel trop moche. Passons sur le rez-de-chaussée et grimpons direct au 2e étage : juste derrière une salle d’exposition - ambiance vente de chaussures au Négresco - un bar servi tel quel dans son vieux jus, pur seventies. Rien n’a bougé. Pas croyable : carreaux rouges, meubles verts, rideaux argent à la Paco Rabanne sur glissières, lumières tamisées. Tu te pinces, tu veux danser. tu veux des lights, tu veux du son. Mais non, ici tu t’assieds, tu regardes la baie d’Alger à 180°, et tu bois un diabolo citron… Ok ?
Hôtel El Aurassi – 2, boulevard Frantz-Fanon. Les Tagarins / 00 21 24 59 10 / 00 213 21 74 82 52 / Bar ouvert jusqu’à minuit.
Toufique tes souvenirs, yallaaaa !
Au marché, place du 1er Mai : des dattes, les Deglet Nour en branche (pas dans la boîte), les plus claires, en forme de doigts, pleines de miel, les meilleures du monde. Ou de la pâte de dattes, mais attention c’est plus les mêmes dattes là... Rue Didouche-Mourad : des gâteaux « empapetés » comme des bijoux. Chez l’épicier du coin : de la Hamoud blanche en bouteille de verre. Créée en 1889, elle est tellement bonne qu’on l’a classée hors concours à l’Expo Universelle la même année ! Des Délices, caramels d’ici, au chocolat, à la vanille ou nature. Et des Kojak, des Chupa Chups en fait, qu’on appelle ici Kojak…
Julia Sammut - photo : Julia Sammut

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