"I LOVE NEW-YORK, I HATE LE FOODING"

 

« Le Fooding » ? Né en 2000, à Paris, au sixième étage de Radio Nova, dans l’urgence du bouclage d’un article de presse. « Food” + “ing”, pour que « Food » rime avec « Feeling »… Gérondif barbare en anglais. La honte en plus en français. Bide unilatéral. Ou chance ! Quand on sait combien il est difficile de mettre tout le monde d’accord...

 
I hate « Le Fooding »
 
Milton Glaser, entends-tu ?
 
I hate “Le Fooding »
 
A New York, à Paris, tous unis dans le même t-shirt :
 
« I hate Le Fooding »
 
Ouais, bon d’accord, être uni dans l’adversité c’est déjà pas si mal. Mais…
 
… mais peut-être qu’on pourrait faire mieux, comme, par exemple, s’enthousiasmer* ensemble.
 
Comme par exemple, se réjouir de la libération progressive des cuisines de l’impérialisme culinaire français…
 
… en commençant par celles de France d’ailleurs.
 
Messieurs les hauts commissaires aux sciences franco-gastronomiques, le monde vous remercie à chaque service. Souffrez maintenant d’entrer dans le monde, avant qu’il ne vous vieillisse !
 
Pourtant, des chefs français bien dans leur époque, il y en a plein. Mais, on ne le dit pas assez. Le scintillement des étoiles éblouit encore trop de médias. Alors que les faits sont là : la cuisine bourgeoise n’est plus notre pain quotidien. La cuisine techno ne le sera jamais. Les gourmands dévorent les gourmets. Nos chefs préférés ne sont plus les celebrity chefs. Leur photo ne figure pas sur des pochettes sous-vide de mauvais jambon de Paris. Où les croise-t-on, alors, ces petits luxes so frenchy ? Dans leur restaurant, leur bistrot ? Assez de mots valise. Dans leur cuisine, disons. Français souvent, auteurs naturellement. Libres comme l’air intrinsèquement. Parce qu’il faut de l’air pour ruer dans les brancards. Et gonfler les drapeaux…
 
De l’air, justement, New York n’en manque pas. Seuls les gimmicks snobs se sont essoufflés. La réalité des produits avant tout. Le bon sens détrône le trop bon goût. Les plus grands chefs pratiquent la saucisse couramment. Sel, poivre, grill, plaisirs immédiats… ça tombe bien, on est venu là pour ça ! Les légumes poussent « local » et régalent. A Manhattan comme à Brooklyn, même les steampunks sourient à table. Le burger s’affine, la pizza prend des poses dandy et les baguettes battent la mesure de l’excellence. Sous l’action de la chaleur, tous les corps solides entrent ici en fusion. Le producteur, l’éleveur, le pêcheur, le boucher, partagent la vedette avec les chefs. Et rendent, en plus, la monnaie sur les marchés de quartier…
 
Le Fooding d’amour Paris-New York, en aller simple pour commencer…
 
Le Fooding d’amour Paris-New York ? Le goût de l’époque sans esprit de clocher.
 
Le Fooding d’amour Paris-New York : les 25 et 26 septembre, at P.S.1 contemporary arts center. 13 chefs, trois mixologistes, deux bouchers, un glacier, quatre Dj’s, 15 graphic designers, un grand vigneron, un grand champagne, du fromage et un secret, pour vous régaler les sens et se faire du bien en conscience.
 
Alexandre Cammas
 
P.S. Il parait qu’on trouve encore des tickets sur Craigslist… Bonne chance !



 
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