Le meilleur burger de Paris ?

Symbole culinaire de l’Amérique puis de la malbouffe mondialisée, le hamburger surfe aussi, depuis quelques années, sur la vague d’une street food bon teint avec l’accent français. Pour célébrer dignement Mardi gras, nous avons donc testé pour vous les burgers stars des chaînes françaises !

Mode d’emploi : les adresses ont été castées selon 3 critères – menu monomaniaque burgers & sides ; obligation de posséder trois enseignes ou plus ; et efforts visibles sur le sourcing, la qualité et la déco. Nous garderons les burgers indé ou ceux des chaînes US type Five Guys pour un autre épisode… Nous avons ensuite choisi de tester les premières adresses de chaque chaîne en y commandant à chaque fois le burger classique, mais aussi la « spécialité de la maison », des frites et l’un des sides proposés. La cuisson saignante était systématiquement précisée quand cela était possible. Et voici nos conclusions !

Le plus écolove (photo)
Resto testé : 10, rue de la Victoire – 75009 Paris
Avec son label AB en gros sur la vitrine, du bois partout pour montrer qu’on en est, des caisses de patates rustiques bien en vue et une poubelle de tri ultra-pédagogique, Bioburger (4 enseignes) est visiblement un fast-food soucieux de la planète. Comme, d’ailleurs, et c’est la bonne nouvelle, de la qualité de ses burgers délivrés par le service le plus gentil et appliqué de tous ! Servis pour notre plus grand plaisir, un Classic simplissime, juteux mais pas gras, et un délicieux Avocado au guacamole et bacon, accompagnés de super-frites dorées, de sauces maison en libre-service et d’un coleslaw étrange (au cumin ?), que nous engloutîmes plus ou moins responsablement.
La digestion ? Harmonieuse : le biorythme est respecté et l’estomac en osmose.
Verdict ? Incroyable ! On a l’impression de faire quelque chose de bien alors qu’on mange des hamburgers !

Le plus amerloque
Resto testé : 50, rue du Faubourg-Saint-Denis – 75010 Paris
Avec sa façade de théâtre à l’américaine qui vieillit plutôt bien, PNY (4 enseignes) sert show devant – et avec une morgue pénible – d’excellents burgers. On a adoré leur Vintage Cheeseburger impec’, avec un steak épais cuit nickel, et le Return of the Cowboy au bacon croustillant oint de sauce BBQ. Les buns sont moelleux, le ratio fromage/viande est top, tout serait parfait si les sides n’étaient pas catastrophiques. Tristesse de la frite, servie froide, molle et sans sel, à tremper dans une mayo Placo. Détresse du Blooming Onion (en réalité, une sorte de bhaji d’oignons très gras) et de la Wedge Salad (pas du tout servie sur tranche, généreuse et bien crémée, comme son nom le laissait rêver).
La digestion ? Difficile car, emporté.e.s par l’excitation, nous avons avalé nos sandwichs en moins de 4 minutes.
Verdict ? Pour les hamburgers, et rien qu’eux. 

Le plus coup de mou
Resto testé : 44, rue d’Argout – 75002 Paris
Loin de la ravissante déco des nouvelles adresses, le premier Blend (6 enseignes désormais) est une boîte noire un peu défraîchie. Au programme ? Service aimable, tables en bois blond, mais cette fois-là, burgers décevants. Le Hamb s’en sort à peu près, malgré une surcuisson de la viande, grâce à une sauce Blend rappelant doucement celle du Big Mac. Le Signature, supra-français avec sa compotée d’oignons, son roquefort et ses épinards, évoquait plus un steak au bleu qu’un morceau d’Amérique. En revanche, bon point pour les frites, croustillantes et servies avec de l’aïoli, et le coleslaw bien frais.
La digestion ? Pas facile.
Verdict ? Un petit lifting déco (mais pas que…) s’impose.

Le plus déception française
Resto testé : 55, rue du Faubourg-Poissonnière – 75009 Paris
A force de jouer la carte franchouillarde et ultra-brandée de « l’atelier du hamburgé », Big Fernand (47 enseignes en France et 5 hors les murs) a fini par décevoir nos estomacs sensibles. Délivrés express sur leurs plateaux à message façon Chipotle, avec ketchup et mayo en sachet plastique, nos burgers se révélèrent secos. Steak grisou et bun pas très frais, le Bartholomé donnait l’impression de manger une compote tellement il était sucré. Et que dire des tomates séchées garnissant le classique Big Fernand ? Aucune idée. Le salut vint heureusement des « Fernandines » qui, sans être les frites du siècle, étaient bonnes. Bien vue également, la « Falade », apportant un peu de fraîcheur dans ce monde grassouille, malgré une effarante mignonnette de vinaigrette façon self.
La digestion ? Etonnamment légère, quasi miraculeuse. Comme quoi, les ingrédients gagneraient à être mieux traités par les recettes.
Verdict ? Euh… Et si le service marketing arrêtait un peu les blagounettes pour challenger ses burgers ?

Le plus fast-food
Resto testé : 168, rue Montmartre – 75002 Paris
Téléporté.e.s dans une sorte de hall d’aéroport rétrofuturiste, nous faisons la queue en file indienne devant la cuisine tombée du Camion Qui Fume – 3 enseignes et 2 camions. Après une commande vaguement robotisée, nous voici assis.es sous des néons roses, au son d’une électro un peu boum-boum, devant nos hamburgers… qui sont bons ! Bun douillet, pickles acidulés, laitue en feuilles, tomate en tranches, oignon cru – tout y est pour le Classique ! Bémol en revanche pour le Barbecue, à la viande trop cuite et au bacon trop dur, et le coleslaw oubliable. Mais dièse sur les frites, servies en portion généreuse, pas nulles mais trop salées.
La digestion ? Correcte.
Verdict ? Bien mieux (sinon meilleur) si vous l’emportez !

Le plus à la cool
Resto testé : 14, rue du Cygne – 75001 Paris
Avec ses murs en bois et son mobilier indus’, Roomies (3 enseignes) ressemble à une chambre d’ado bien rangée, plutôt virile mais assez mignonne. Le menu est à l’avenant, on ne force personne, les burgers sont à composer soi-même, sauf le Roomies qui offre un chouette aperçu du goût maison (sauce à l’estragon, oignons caramélisés pas trop sucrés, tomme de Savoie et ciboulette). Bons points, le steak est épais et vraiment saignant (trop pour certain.e.s), les frites sont très cool, mais on n’a vraiment pas compris la salade de concombre quasi grecque qui, si elle a le mérite d’être fraîche, n’a aucun rapport avec la choucroute.
La digestion ? Tranquille, ça passe crème.
Verdict ? Honnêtement, une bonne surprise.

Jeanne Leroux avec Christine Doublet
© Marine Brusson