Suicide de Taku Sekine, un drame pour rien ?

Dans cette affaire dramatique et consternante à tout égard, à l’heure qu’il est, tout le monde a perdu.
Le fils de Taku, un père et une vérité. Les victimes potentielles, un justiciable. Les victimes de violences en général, ce qu’il peut falloir de courage pour se confier. Les médias, une occasion de la fermer – ou de l’ouvrir en grand ? Les pyromanes, une raison d’être. Le petit milieu, encore un peu de sa dignité. Et la gastronomie, un grand chef.
Pour toutes ces raisons, il ne faut pas qu’on en reste là. Nous ne pouvons souscrire aux conclusions irresponsables de celles et ceux qui pensent qu’il n’y aura pas de suite. Nous ne pouvons balayer la parole de femmes, dont les témoignages (pas si anonymes que ça dans le milieu) permettent déjà aux pires d’entre nous de les montrer du doigt et de les condamner.
Dans cette affaire dramatique et consternante à tout égard, tout le monde aura perdu demain si, en plus, elle n’a servi à rien.
Visiblement, la lumière ne viendra pas de Mediapart (lire ici) et on ne peut que le regretter. Que faire alors pour dégonfler les juges de pets et éviter de nouvelles tragédies ? Puisqu’on ne peut porter plainte contre un homme mort, faut-il que la famille s’en prenne aux en-rumeur pour que chacun.e puisse s’exprimer ? Et la justice revenir dans le game ? 
Car nul ne tirera de leçons dans le milieu des chef.fe.s et au-delà, s’il n’y a rien d’autre à tirer que des larmes. Et encore, même pas assez.

Alexandre Cammas, directeur fondateur du guide Fooding