Plein pot le ponot ! Seul aux fourneaux et en salle, Alexis Haon, enfant du cru, ancien cuisinier pour vigneron·nes épris·es de nipponeries (comme Pierre Overnoy), passe le marché hebdomadaire au fil de l’épée avec le dévouement du samouraï converti. Son code d’honneur ? Des produits ultra-locaux, des plats câlinants entièrement faits maison (même les cornichons !) et d’improbables fusions auvergnaponaises. Avec corps et beaucoup d’âme, le ronin du rognon virevolte dans sa cambuse anguleuse du centre piéton, elle aussi fabriquée maison via le coup de patte ébéniste du paternel, du massif comptoir en cuivre au mobilier en bois clair de la chaleureuse petite salle aux fenêtres cintrées. Envoyés ce midi-là : un riant ris de veau aux champignons underground dealés le matin même par son ramasseur attitré – sparassis crépus, lactaires délicieux et girolles grises ; un gratin bordelais, comme le dauphinois mais avec des cèpes du Meygal et une crème fermière ; et une dispensable tarte aux pommes façon grand-mère, éclipsée sans doute par le virtuose dernier round salé – un nagori (terme désignant la nostalgie de la saison qui nous quitte) fait des dernières tomates, juste réduites et saluées de fraîches herbes automnales du jardin. Nagorisiaque ! • Pascal Diagonale
POUR LA SOIF ? Quelque 1 700 crus à tendance naturaliste : muscadet Miss Terre 2020 du Domaine de la Sénéchalière (5 € le verre), pinot gris Grand Cru Frankstein des Beck-Hartweg (7 €), rouge puydômois Montagne de Strass du Domaine des Trouillères (21 € la bouteille), syrah ardéchoise Chatons de Garde 2014 d’Andréa Calek (31 €)… certains à emporter.
LES PRIX : Plat du jour 15 € et suggestions 19 € (midi), assiettes 5-20 € et suggestions 19-28 € (soir).
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