Big Mamma : le meilleur et… le pire !

Le 26 mai 2018, sur le « plus grand campus de start-up au monde » (Station F), ouvrira La Felicità, LE big restodrome de 1000 places du groupe Big Mamma – East Mamma, Ober Mamma, Mamma Primi, Biglove Caffé, Popolare et Pink Mamma. L’occasion rêvée de faire un point sur les six adresses de Tigrane Seydoux et Victor Lugger, trois ans après l’ouverture de leur première trattoria, East Mamma, rue du Faubourg Saint-Antoine. Autant vous dire que nous avons pris quelques kilos et que les surprises n’ont pas manqué…

Mode d’emploi : pour toutes les adresses, nous avons testé une entrée, une pizza margherita, un des plats signature du restaurant, et, dans la mesure du possible, un dessert. Dans toutes les adresses, nous avons pu constater que les produits étaient très bien sourcés (les charcuteries notamment), comme les vins, plutôt bons, mais que la cuisine et le service étaient très irréguliers d’une adresse à l’autre. Voici donc nos conseils pour ne pas vous prendre les pieds dans les jupes de la Mamma !

Ils restent ou entrent dans le guide Fooding… et on s’en félicite !
N°1, Ober Mamma : au jeu des bonnes surprises, la deuxième adresse du groupe (ouverture en 2015) continue d’envoyer du (four à) bois ! Entre potes, pour un cocktail (excellent negroni à composer soi-même, 12 €) et un plat de pâtes (à l’agneau et aux petits pois, 14 €) ou une Mammargherita (12 €), la salle lumineuse donnant sur le boulevard Richard-Lenoir est parfaitement recommandable. Service agréable, souvent efficace + addition cool (compter entre 20 et 30 € par personne).
N°2, Popolare : excepté le fait qu’il faille arriver TRÈS tôt (avant midi et 19 heures) pour éviter la file démente qui s’étire dès l’ouverture sur le trottoir de la rue Réaumur et à condition d’accepter de manger en apnée dans un réfectoire sans lumière du jour, de s’en tenir à la margherita à 5 € (imbattable !) et aux churros au gianduja tout chauds et tout craquants (8 € pour deux).
N°3, Mamma Primi : l’auberge campagnarde des Batignolles est elle aussi hyper fréquentable. Ses proportions raisonnables, sa décoration moins tape-à-l’œil, sa terrasse agréable et sa clientèle plus parisienne lui donneraient presque une allure de resto indépendant. Impression renforcée par la cuisine, avec des tagliolini al tonno bien envoyées (13 €) et une Mammargherita fumante à la pâte bien cramée comme on l’aime (12 €). Un bémol, le dessert, une crostata indigne au goût de chambre froide (8 €).

Ils sortent ou n’entrent pas dans le guide Fooding… Oh, Mamma Mia !
Première déception, l’East Mamma, la trattoria « historique » du faubourg Saint-Antoine qui semble avoir été un peu oubliée. Après quelques atermoiements, nous arrivent : deux bruschettas servies chambrées et sans intérêt (petits pois, asperges, fèves et ricotta à 8 € ; caviar d’aubergines et burrata à 7 €) ; une Mammargherita vraiment détrempée (12 €) ; des raviolis au beurre de sauge et noisettes soudés en un seul bloc (13 €) ; et un spritz revisité, certes, mais archi-sucré (8 €)…
Deuxième big down, le Biglove Caffé et sa carte étrange revendiquant le « Gluten Free » avec seulement six pizzas noyées dans l’océan d’une carte super glutenée ! Pour nous, ce midi-là, en plus de la Mammargherita à 13 € : œufs Benedict à la brioche pas très fraîche (10 €) ; salade de fregola sarda avec brocolis, stracciatella et noix comme sortie du frigo (14 €) ; et des pâtes au brocolis, salsiccia et ricotta baignant dans l’huile (14 €).
Troisième et dernière (cruelle) déception, Pink Mamma. Ok, les quatre étages de fantasmes californitaliens feraient pâlir d’envie un producteur d’Hollywood mais, pour le reste… Ce midi-là, notre Mammargherita (12 €) et les beignets d’aubergine (8 €) avaient le goût d’eau ; et le Mamma’s steak cut est arrivé carrément froid (16 €). Le dessert ne venant pas, nous avons donc fait comme tous les touristes autour, quelques selfies et puis s’en vont…

A suivre, l’entrée dans le guide Fooding (ou pas) de La Felicità. Réponse le 31 mai sur le Fooding.

Paul-Henry Bizon avec Christine Doublet

Photo © Joann Pai